JURANÇON - Un peu d'histoire
Ernest Gabard
Le nom de Jurançon remonte au XIIè siècle et sa
signification demeure encore un mystère ! La découverte de
deux villas gallo-romaines sur le territoire de Jurançon , témoigne
d'une présence romaine voilà plusieurs siècles. Par
ailleurs, on sait que Jurançon fut longtemps un lieu de passage
et d'habitat provisoire avant le XIIè siècle. C'est à
partir de cette époque que Jurançon devint un bourg vicomtal
sous la protection de Gaston IV ( en 1117), puis de Gaston Phoebus ( en
1144). C'était un tout petit bourg, enclos de fossés naturels,
aux maisonnettes étroites avec leurs jardins attenants. Les habitants
étaient de modestes cultivateurs. Déjà, la vigne s'étendait
au pied des coteaux de Rousse et de Gelos. Lorsque la cour du Béarn
s'installa à Pau en 1464, Jurançon ( dit la Bielle ) et surtout
les coteaux ( appelés Faget ) furent colonisés par les nouveaux
notables. Le village proche de la ville royale était très
prisé pour son vignoble car la vigne était considérée
comme une culture noble.
En 1772, l'Abbé Bonecaze décrivait Jurançon en
ces termes: " C'est une terre fertile où les cultures de légumes
et fruits abondent. Déjà les vins de Jurançon sont
très renommés et rares, leur notoriété s'étend
jusque dans les pays étrangers... Jurançon est un des plus
agréables villages de la province..."
Quand Pau devint ville anglaise, Jurançon bénéficia
de l'affluence de riches parlementaires qui s'y installèrent. Ils
bâtirent de magnifiques villas agrémentées de jardins
ou de belles demeures sur les coteaux ( château de Perpignàa,
domaine de Mont-Plaisir, domaine Ollé Laprune).
Ces domaines témoignent aujourd'hui encore de l'élégance
architecturale de l'époque.
Depuis le XIXème siècle le village se transforme et se
développe pour devenir la ville que nous connaissons aujourd'hui.
Nombre d' habitants au cours des siècles:
1385 : 54 feux ( foyers )
1549 : 92 feux
1770 : 2 000 communiants
1856 : 2 591 habitants
1936 : 4 329 habitants
1954 : 5 561 habitants
1968 : 6 794 habitants
1982 : 7 914 habitants
1999 : 7 730 habitants
La population jurançonnaise est, d' après le recensement
de 1999, une population plutôt jeune ( les moins de 40 ans représentent
48 % de la population ) et en majorité féminine; il y avait
3 241 logements en 1999, 300 artisans et entreprises sur une superficie
de 1 763 ha dont 1 416 ha de coteaux; l'altitude est de 177 mètres
en plaine et le point culminant se trouve à 349 ( entre Bel Air
et le château Lolys ). Jurançon est le chef-lieu de canton
des communes de Bosdarros, Gan, Laroin, Saint-Faust et une partie du territoire
de la ville de Pau délimité par la RN 117.
Qui était Ernest Gabard ?
Vous pouvez aussi consulter ce site consacré à Ernest Gabard.
Ernest Gabard est né à Pau en 1879. Très jeune,
il a le malheur de perdre sa mère et peu d’années après
son père. Orphelin, il est, avec son frère et ses deux sœurs,
recueilli et élevé par un oncle et une tante. Encore enfant,
il dessine, modèle, sculpte avec des outils de fortune, sur des
morceaux de bois, de pierre et déjà, ses dons naturels sont
évidents.
A 17 ans, il suit les cours de l’École des Beaux-Arts de Paris.
Il fréquente l’atelier de Rodin. Déçu par l’atmosphère
parisienne, il choisit de regagner son Béarn natal.
Pour lui, un bon sculpteur doit avoir une connaissance approfondie
de l’anatomie. On retrouve dans toute son œuvre ce souci de la vérité,
cet hommage à la beauté par l’harmonie des formes, la justesse
des proportions, la grâce du mouvement naturel.
Plusieurs de ses statues ornent la ville de Pau : la Femme au Puits,
au bout de la rue Henri Faisans; la Fontaine aux Enfants sur le boulevard
des Pyrénées.
Son œuvre est variée : de nombreuses fontaines, des coupes d’aviation,
des bustes, des statuettes-portraits, des monuments aux morts. Il réalise
aussi des sculptures religieuses.
Au travers de dessins, il fait vivre les aventures d’un paysan béarnais
surnommé Caddetou. Le pittoresque de son personnage, ses réflexions
savoureuses, naïves, mais aussi marquées de beaucoup de bon
sens, ont intéressé et amusé beaucoup de personnes
de l’époque. Pour une grande majorité, Gabard est avant tout
l’auteur, le père de Caddetou.
Ernest Gabard meurt à Pau en 1957.